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Témoignage de Mariane

  • Photo du rédacteur: InfoMV
    InfoMV
  • 15 déc.
  • 4 min de lecture

Je n’arrive pas encore à croire ce qui m’est arrivé cette année. J’ai parcouru un chemin que j’ai trouvé, par moment, infiniment long, et en même temps, aujourd’hui je trouve que c’est

tellement court pour opérer un miracle.


Aujourd’hui, j’aimerais célébrer cette période de ma vie, ma 35e année, qui a été une

expérience profonde et transformatrice. Cette année m’a fait toucher les peaks les plus

intenses de la souffrance (je me demande encore comment j’y ai survécu) et en même temps, elle m’a fait toucher la richesse d’une expérience humaine qu’on est peu de gens à connaître: l’expérience de la guérison partagée.


Je veux d’abord célébrer mon propre courage, immense. Le courage d’avoir choisi le chemin le plus difficile et le plus nourrissant. D’avoir choisi de souffler sur la petite flamme pour la garder allumée dans la tempête. Je veux honorer chacun des 266 jours ou j’ai monté une marche. Une marche à la fois.


J’aimerais aussi honorer le courage de tous les stagiaires ici, avec qui j’ai eu la chance de

développer un lien privilégié. Vous êtes tous des survivants, des battants, des aimants, vous

transformez, à tous les jours un peu, la narration de votre vie. Et à force d’avoir observé ça

pendant plusieurs mois chez chacun d’entre vous, ça a fini par créer une nouvelle croyance en moi. Qui est très puissante. La croyance que la changement est possible. Que la

transformation est réelle. Ça fait partie de mon miracle pour moi, cette nouvelle croyance-là. Je veux honorer l’entité qu’on est comme groupe. La force du groupe. Notre confiance d’avancer ensemble. Notre unicité. Notre beauté. Vous allez me manquer.


Après je veux honorer du mieux que je peux la personne la plus spéciale pour moi ici, celle qui m’a émerveillée, qui a été ma magicienne: Genève. Quand je suis arrivée ici, je ne trouvais plus la force de rien. Pas même l’énergie de nourrir un espoir. J’étais envahie par l’envie de mourir. Tu es venues m’annoncer que je n’étais plus seule. J’ai senti, rapidement, et profondément, que tu ne me lâcherais pas. Que tu t’engageais avec moi, et que là ou je n’arrivais pas à aller seule, on allait y aller ensemble. Alors j’ai puisé de l’énergie dans la force de ta conviction, dans la force de ta joie, dans ton optimisme solide comme du béton. Et puis plus tard tu m’as appris que j’étais belle, que j’étais un monde de richesses. Tu m’as convaincue. Et ça aussi c’est une forme de miracle pour moi. Ce que tu m’as offert, c’est au-delà d’un travail de thérapeute, c’est un geste d’amour. Et ça m’a sauvée.


Je veux remercier les professionnels extraordinaires qui travaillez ici. Vous connaissez les

chemins invisibles du labyrinthe de la dépression. Vous faites une métier de chirurgien. Vous

réussissez à créer, à maintenir, à nourrir un écosystème tellement complexe et tellement fragile. Un espace ou les humains se rencontrent, vraiment, et partagent leurs couleurs authentiques. J’ai l’impression de sortir d’ici avec toutes les couleurs en moi. Les couleurs de chaque personne qui m’a un peu réparée. On a vécu une vie cette année ensemble.


Ici j’ai aussi appris par l’exemple. Et c’est à travers le respect profond que chacun avez eu à

mon égard. L’accueil inconditionnel de qui je suis. Le soutien, la curiosité, l’engagement des

professionnels et des stagiaires envers moi. J’ai fini par y croire et par vous copier: m’offrir tout ça à moi-même.


Maison Vivre a été comme une loupe, qu’on pose sur mon corps et mon esprit. Qui m’a permis graduellement de voir plus loin, de ressentir mieux. De goûter à l’expérience de vivre. Et de trouver ça, éventuellement, délicieux. La joie à laquelle je goûte aujourd’hui, je l’avais presque oubliée, parce qu’elle appartient au monde de mon d’enfance. Elle ne m’avait pas suivie dans le monde des adultes. Et ici, comme par magie, je l’ai sentie réémerger. Ça aussi c’est une partie de mon miracle. Merci pour le jeu, la joie, l’émerveillement, la candeur.


Ici, j’ai appris comment guérir. Je quitte Maison Vivre en étant beaucoup plus sereine mais ce qui est plus précieux encore, c’est que je sais maintenant comment prendre soin de moi,

comment nourrir cette fleur qui a commencé à pousser.


Merci infiniment à tous,


Merci à Maison Vivre.


CHANSON SUR L’AIR DE “PETITE FLEUR”

Je garderai

Mieux que partout ailleurs

Au jardin de mon coeur

Une petite fleur


Cette fleur, plus jolie qu'un bouquet,

Elle garde en secret,

Tous nos mots échangés

Dans l’authenticité

Et tous ces clairs matins,

Fait de partage et de soutien,


Si la vie

Par moment me trahit

Tu resteras mon bonheur

Petite fleur


Sur mes 35 ans

Je m'arrête un moment

Pour respirer

Ce parfum qu’on a inventé


Dans mon coeur

Tu fleuriras toujours

Au grand jardin d'amour

Petite fleur…


Je garderai

Mieux que partout ailleurs

Au coeur de mes souvenirs

La fleur de Maison Vivre


Celle-là qui

A fleuri dans nos yeux

Lorsque l’on s’aimait tant

Au pays merveilleux

De nos cheminements

Petite fleur d'amour

Tu fleuriras toujours

Pour moi


Photo par Jean Gagnon
Photo par Jean Gagnon


 
 
 

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